ÉPIGÉNÉTIQUE: Comment le MODE DE VIE influence l’EXPRESSION des GÈNES. PARTIE 1

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Et si je vous disais que ce que vous mangez et la façon dont vous vivez INFLUENCENT l’expression de vos GÈNES?
L’ÉPIGÉNÉTIQUE, ça vous dit quelque chose?

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Figure 1 – Mécanismes épigénétiques : Des facteurs aux pathologies

-L’ÉPIGÉNÉTIQUE: DÉFINITION

On le sait depuis une cinquantaine d’années, le génome contient les unités d’hérédité, les gènes, qui définissent les caractéristiques de chacun d’entre nous.

Chacune de nos cellules contient l’ensemble de notre patrimoine génétique : 46 chromosomes hérités de nos parents sur lesquels on compte environ 25 000 gènes. Mais si toutes nos cellules contiennent la même information, elles n’en font visiblement pas toutes le même usage : par exemple une cellule de la peau ne ressemble en rien à une cellule du foie et n’a pas les mêmes fonctions. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Une question fondamentale se pose alors : pourquoi les cellules diffèrent-elles d’un tissu à l’autre alors qu’elles ont toutes le même génome?

Il semble que tous les gènes ne s’expriment pas tout le temps et partout. C’est un phénomène qui s’explique par la régulation de l’expression des gènes via l’épigénétique.

〉En effet, la régulation des gènes se fait par le biais de plusieurs mécanismes dont l’épigénétique, mécanisme découvert dans les années 90 faisant intervenir des modifications chimiques de l’ADN ou des histones. L’ensemble des marques laissées sur le génome par ces modifications épigénétiques constitue l’épigénome. Cet épigénome peut être modifié, de manière plus ou moins durable, en fonction de l’environnement. De nombreuses études montrent que l’alimentation, entre autres, peut modifier les épigénomes de certaines cellules et entraîner des modifications dans l’organisme.

⇒L’épigénétique c’est donc la modulation de l’expression des gènes en fonction de nos comportements (l’environnement).

Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit COMMENT CES GÈNES VONT ÊTRE UTILISÉS PAR UNE CELLULE, OU NE PAS L’ÊTRE.

〉Il faut savoir que les gènes ne représentent que 1,5% (à peine) du génome humain.
Les 98,5% restant ont longtemps été considérés comme de l’ADN non codant, de l’ADN « poubelle », mais des découvertes récentes ont permis de démontrer que cet ADN pouvait jouer un rôle essentiel dans la régulation de l’activité des gènes.

La manière dont les gènes sont lus pourrait jouer un rôle encore bien plus important que le code génétique lui-même. 

〉Les 98,5% restant d’ADN sont en réalité des INTERRUPTEURS qui contrôlent l’expression de nos gènes.
Et l’activité de ces 98,5% d’ADN est directement influencée par NOTRE ENVIRONNEMENT.

〉Ces modifications dites épigénétiques sont induites par l’ENVIRONNEMENT au sens large: la cellule reçoit en permanence toutes sortes de signaux l’informant sur son environnement, de manière à ce qu’elle se spécialise au cours du développement, ou ajuste son activité à la situation. Ces signaux, y compris ceux liés à nos comportements : ALIMENTATION, TABAGISME ou encore STRESS, peuvent conduire à des MODIFICATIONS DANS L’EXPRESSION DE NOS GÈNES.

〉Le phénomène peut être transitoire, mais il existe des MODIFICATIONS ÉPIGÉNÉTIQUES PÉRENNES, qui persistent même lorsque le signal qui les a induites disparaît.

-COMMENT CES MODIFICATIONS SONT-ELLES MATÉRIALISÉES?

Concrètement, ces modifications sont matérialisées par des marques biochimiques.
Plus largement, on sait aujourd’hui que les gènes peuvent être « allumés » ou « éteints » par plusieurs types de modifications chimiques qui ne changent pas la séquence de l’ADN : des méthylations de l’ADN, mais aussi des changements des histones, ces protéines sur lesquelles s’enroule l’ADN pour former la chromatine. Toutes ces modifications constituent autant de « marques épigénétiques« .

Les marques épigénétiques, bien que réversibles, sont transmissibles au cours des divisions cellulaires. Ce phénomène est particulièrement important au cours du DÉVELOPPEMENT EMBRYONNAIRE.
Ce qui a mené la Science à montré que le père comme la mère ont une « INFLUENCE ÉPIGÉNÉTIQUE » sur la santé de leurs enfants, bien avant même leur conception.

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Figure 2 – Vie épigénétique, de la préconception à la maturité

C’est ainsi que manger correctement et avoir une bonne hygiène de vie prend tout son sens. Votre propre développement In Utéro, vos habitudes pendant l’enfance, votre alimentation depuis la naissance, les composés que vous consommez ou inhalez, votre mode de vie… sont des facteurs qui contribuent directement aux modifications épigénétiques. Vous transmettrez à votre progéniture la façon dont vous avez vécu et vivez. Nous sommes responsables de la santé de notre descendance, car celle-ci hérite de notre signature épigénétique.

NOUS SOMMES BIEN PLUS QUE L’ADDITION DE NOS GÈNES
« L’idée selon laquelle l’épigénétique – c’est-à-dire la manière dont est lu notre génome – pourrait nous permettre d’espérer que nous sommes plus que la simple addition de nos gènes, a suscité un vif intérêt et une grande curiosité dans le public et les média. Sommes-nous en quelque sorte capables d’échapper au caractère inéluctable de notre constitution génétique ? Est-ce que ce que nous mangeons, est-ce que l’air que nous respirons, et même, est-ce que les émotions que nous éprouvons peuvent influencer non seulement la manière dont nos gènes sont exprimés mais aussi la manière dont seront exprimés demain les gènes de nos enfants et de nos petits-enfants? »
Extrait de la leçon inaugurale d’Edith Heard, Chaire d’Épigénétique et mémoire cellulaire du collège de France.

-L’EXEMPLE DU CHROMOSOME X

Un autre phénomène épigénétique bien connu concerne l’inactivation du chromosome X chez les mammifères femelles. Alors que les cellules des mâles compte un seul chromosome X (accompagné d’un chromosome Y), les cellules des femelles en portent deux. Si les gènes des deux exemplaires du chromosome X s’expriment au cours du développement, l’embryon meurt très vite, « intoxiqué » par une double dose des protéines. C’est pourquoi un mécanisme épigénétique conduit à la mise sous silence d’un des deux chromosomes X dans les cellules femelles (d’ou la notion « d’interrupteur »).


DANS LA SECONDE PARTIE, NOUS PARLERONS DES MALADIES EN LIEN AVEC L’ÉPIGÉNÉTIQUE ET NOUS ÉVOQUERONS EN DÉTAILS LE FACTEUR ALIMENTATION, D’UNE IMPORTANCE NON NÉGLIGEABLE.

À VENIR PROCHAINEMENT.

Vivez intelligemment. 

ADN


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